Le ministre saoudien de l'Energie, Abdulaziz ben Salmane, s'exprime lors d'une conférence sur l'énergie à Ryad, le 12 octobre 2026 ( AFP / Fayez Nureldine )
Le ministère saoudien de l'Energie a reconnu lundi que le royaume était "mis à l'épreuve" après la série d'attaques meurtrières des Houthis du Yémen, notamment contre l'aéroport de Ryad, promettant une "réponse ferme".
"Ces circonstances ont mis à l'épreuve nos infrastructures, nos institutions, nos équipes et notre résilience", a déclaré Abdulaziz ben Salmane.
"La sécurité énergétique ne peut être considérée comme acquise", a reconnu le ministre du premier exportateur mondial de pétrole, s'exprimant lors d'une conférence sur l'énergie dans la capitale.
Les hostilités ont repris en juillet entre les Houthis et les forces gouvernementales yéménites, ainsi que l'Arabie saoudite qui appuie militairement ces dernières au Yémen, et se sont intensifiées en septembre.
Mais l'ampleur des attaques sur le royaume a atteint ces derniers jours un niveau sans précédent, et révélé selon les experts les fragilités défensives du royaume qui investit pourtant des sommes considérables dans des équipements militaires de pointe.
Lundi encore, une télévision d'Etat a indiqué que le pays était visé par des missiles et drones, et l'ambassade australienne a émis un message public appelant ses ressortissants à se mettre à l'abri, sans plus d'informations à ce stade.
Boule de feu à l'aéroport
Les autorités saoudiennes, qui s'étaient jusqu'ici montrées réticentes à dévoiler les dégâts causés par les attaques, ont publié dans la nuit les images de la vidéosurveillance de l'attaque de l'aéroport samedi, qui a causé la mort de 13 personnes et entraîné sa fermeture - jusqu'à jeudi, selon une source du secteur aérien à l'AFP.
On y voit des passagers vêtus de la traditionnelle tenue blanche de pèlerinage avancer en ligne pour franchir un contrôle, avant qu'une boule de feu ne fasse voler en éclats le toit. Ils tentent de se mettre à l'abri ou de prendre la fuite, sous un nuage de fumée et des débris du plafond.
Capture d’écran tirée d’images de vidéosurveillance diffusées par le ministère saoudien de l’Information le 11 octobre 2026 montrant le moment où l’aéroport international de Ryad est frappé par une attaque des Houthis la veille ( SAUDI MEDIA MINISTRY / - )
Ces images montrent "le danger qui menace les voyageurs innocents dont les déplacements sont consacrés au culte", souligne le journal progouvernemental Saudi Gazette.
Pour les pèlerins, octobre marque généralement, avec la fin des chaleurs estivales, le début de la haute saison, quand des millions de musulmans du monde entier affluent vers la Mecque et parfois Médine.
La clémence des températures lance aussi habituellement la saison des grands événements - conventions, divertissements - attirant des hauts dirigeants et grands patrons.
La ministre allemande de l'Economie Katherina Reiche s'est retrouvée bloquée à Ryad après l'attaque de l'aéroport. "Plusieurs possibilités de retour en Allemagne sont en cours de discussion", selon un porte-parole du gouvernement.
Pour le moment aucun grand événement n'a été annulé, même si l'inquiétude est palpable dans la capitale parmi les habitants interrogés par l'AFP, notamment à cause de la communication au compte-gouttes des autorités.
"Je veux partir d'ici", confiait dimanche un résident de Ryad, excédé.
"Faciliter le dialogue"
Capture d’écran tirée d’images de vidéosurveillance diffusées par le ministère saoudien de l’Information le 11 octobre 2026 montrant le moment où l’aéroport de Ryad est frappé par une attaque des Houthis la veille ( SAUDI MEDIA MINISTRY / - )
Dimanche, au lendemain de l'attaque la plus meurtrière sur le territoire depuis 10 ans, les Houthis ont revendiqué une nouvelle attaque contre l'aéroport, qui a fait au moins un mort et 11 blessés.
L'aéroport de Dammam a également été visé, ainsi que deux sites énergétiques d'Aramco, tous dans l'est du pays, et l'ensemble de l'espace aérien saoudien reste perturbé.
L'Iran, qui soutient les Houthis, s'est redit lundi "vivement préoccupé par l'évolution de la situation".
Téhéran est disposé à "faciliter le dialogue entre les parties", a déclaré le porte-parole de la diplomatie Esmaïl Baghaï, sans condamner les attaques.
Au Yémen, les hostilités se poursuivent après l'offensive éclair lancée en septembre par les Houthis, qui ont pris à cette occasion le contrôle sur la mer Rouge du détroit stratégique de Bab el-Mandeb, déclenchant une contre-offensive gouvernementale.
Malgré les frappes de l'aviation saoudienne en appui des troupes gouvernementales, les Houthis ont resserré leur étau sur Taëz, troisième ville du pays, où les combats ont fait plus de 60 morts au cours des 24 dernières heures, selon des sources militaires dans les deux camps.

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